P L E I N E L U N E E N G É M E A U X - 5 décembre 2025

La pleine lune en Gémeaux se tient seule face au Soleil, Mars, Vénus et la Lune noire en Sagittaire. C’est la dernière de l’année, et elle fait office de synthèse, de grand final avant une autre étape. Des vérités émergent, certaines pour être transmises, d’autres pour être éprouvées. Il y a des choses que l’on comprend avec l’âme et le corps sans même avoir besoin d’en parler. L’axe Gémeaux–Sagittaire est une conversation, qu’elle soit avec l’autre ou soi. Elle peut évoquer la douleur de ne pas être entendu, de ne pas être compris (Gémeaux), la quête de notre place dans le monde et d’une vérité qui nous paraît juste (Sagittaire). Le sens de notre vie ne peut pas être imposé par l’autre. Il émane d’un message profond et personnel, qui nous permet de prendre une direction particulière.

Cette pleine lune est celle des voyageurs, des curieux, de ceux qui changent de pays, discutent avec leurs voisins ou apprennent des langues étrangères. Ceux qui veulent exister autrement. Il y a ce tiraillement symbolique, avec ces deux signes, entre le quartier de mon enfance où j’ai mes repères mais où personne ne se ressemble (Gémeaux), et ce nouveau pays où je ne connais rien, mais où tout, paradoxalement, semble se ressembler (Sagittaire). Le Sagittaire ressent souvent le besoin de partir pour faire exister ailleurs ce qu’il n’arrive pas à faire exister chez soi. Comme Chiron, qui a été rejeté par ses parents, le Sagittaire, signe des grands départs, a la douleur d’où il vient. Mais il ne cherche pas pour autant la différence (c’est l’affaire du Verseau), il veut faire système et créer une cohésion avec ce qu’il a devant lui, trouver sa société. Il cherche à prendre l’Autre et à en faire du Même.

Mais aujourd’hui, la Lune en Gémeaux résiste. Elle existe dans l’altérité, dans la liberté de l’échange. Le Gémeaux est l’archétype du double, du frère, celui qui vient de la même matrice, mais ne me ressemble pas. Il est l’ombre que je projette, les capacités que je peine à incarner et que je cherche parfois à détruire. Les grandes guerres fraternelles (Gémeaux) — que l’on retrouve aussi dans nos amitiés brisées — sont le plus souvent des guerres de rivalité, la rivalité étant la concurrence de deux personnes qui prétendent à la même chose. Le Gémeaux est aussi l’amour profond et conflictuel de cet Autre si proche de nous, mais qui résiste à la totale identification. Un Autre qui a son propre chemin.

Et si cette Lune en Gémeaux exigeait que nous fassions le deuil du Même, le deuil de l’identité parfaite à un frère ou une sœur, à un milieu, à une culture, à un dogme imposé dans l’enfance ? Et si nous n’étions pas tous faits du même bois ? La maison IX, traditionnellement associée au Sagittaire, est celle des conditionnements familiaux, de l’éducation que l’on a reçue, des principes transmis qui dirigent nos vies. Souvent, quand un individu n’obéit pas à cette loi familiale, il est rejeté. Il incarne l’ombre de tout ce que le clan n’a pas réussi à vivre, à explorer.

Je trouve intéressant que le Sagittaire annonce la période des fêtes qui voit certains partir en voyage, loin, et d’autres rentrer chez eux. Les deux sont en quête de retrouvailles — avec l’Autre, avec eux-mêmes. Ce sont des moments pendant lesquels on se retrouve face au clan, et où l’on réfléchit aux choix que l’on doit défendre.

Pour cette pleine lune, je vous souhaite de vous sentir libres de vos choix et des directions que vous prenez dans la vie. Non, l’extérieur ne vous comprendra pas toujours. Oui, il y aura toujours des gens pour jaser. Non, vous ne savez pas toujours où vous allez, mais vous y allez. La clef de cette pleine lune nous demande peut-être de renoncer à tout savoir, de renoncer « au sens que l’on a donné à sa vie pour s’ouvrir au sens de la vie » (Bigé), à la confiance qu’un destin tout particulier s’accomplit à travers soi.

Sarah ChouraquiCommentaire