Ma pratique

J’ai commencé à étudier l’Astrologie vers l’âge de quinze ans. Le nom des constellations et les images qui leur étaient associées me parlaient. J’avais besoin de symboles pour donner du sens au monde. Très jeune, il me semblait déjà que ce que nous percevons de la réalité immédiate ne suffisait pas à l’appréhender pleinement.

Je ressentais beaucoup de choses. J’avais des intuitions fortes, parfois perturbantes. Ces mondes du dessous et du dessus, qui faisaient irruption dans ma psyché de manière fulgurante, m’inquiétaient autant qu’ils me fascinaient.

L’Astrologie, de la même manière que l’Anthropologie, que j’étudie maintenant depuis douze ans, m’a été nécessaire pour apprendre, petit à petit, à aimer. Ce sont deux voies d’étude qui donnent accès au mystère de soi et à celui de l’Autre : la première en abordant l’individu à partir de sa vie intime et de sa subjectivité ; la seconde en donnant accès aux grandes structures qui organisent les mondes sociaux, culturels et politiques. Dans ma pratique, les deux se complètent et se nourrissent à chaque instant.

La peur et l’inconnu génèrent en nous des préjugés, des aversions et des réactions limitantes à l’égard de ce qui nous entoure. Il me semble que nous expérimentons tous la vie à travers une sensibilité, une histoire et des blessures particulières. Bien que nous habitions parfois le même pays, la même famille ou le même monde, nous ne parlons pas la même langue intérieure.

Nous demeurons, en grande partie, mystérieux à nous-mêmes et difficiles à comprendre pour les autres. La conscience ne suffit pas toujours à saisir et à communiquer les innombrables paradoxes, les aspirations, les joies et les peines qui nous traversent. Je crois que l’amour est ce qui nous permet le mieux de franchir les frontières érigées par nos peurs. Les grandes traditions religieuses, monothéistes ou païennes, transmettent cette intuition depuis la nuit des temps.

L’Astrologie et l’Anthropologie sont ainsi devenues mes deux voies d’étude de l’amour.

Lors de mon terrain de recherche au Kenya, je suis arrivée dans l’archipel de Lamu, en grande majorité musulman, vrillée par des peurs dont l’origine me dépassait. Les femmes m’observaient derrière leur niqab, parlaient une langue que je ne connaissais pas, et tout me paraissait opaque, étranger, potentiellement menaçant. Je projetais sur ce que je ne connaissais pas des peurs qui m’appartenaient.

Petit à petit, mon sujet de recherche s’est affiné. J’ai commencé à étudier le pouvoir politique des femmes à travers le prisme de la maternité. J’ai passé du temps dans les familles afin de comprendre les significations de « l’être mère » dans cette région particulière.

Derrière les complexités du monde social, les oppressions et les injustices, j’ai aussi eu le privilège d’entrer dans des univers où circulaient beaucoup d’amour et une foi profonde en Dieu. J’avais besoin du monde des mères pour accepter ma propre vulnérabilité et mon insécurité. Ce travail de recherche a participé à guérir une partie de moi qui, depuis toujours, est à vif. Mais, selon une formule attribuée à Rumi, « c’est par la blessure qu’entre la lumière » — autrement dit, si tu as le courage de regarder ta souffrance, elle t’apprendra quelque chose.

Cette expérience a profondément transformé ma manière d’écouter et de rencontrer l’autre. Elle m’a appris à ne pas confondre ce que je ne comprends pas avec ce qui serait menaçant, à interroger mes propres projections et à prendre le temps d’entrer dans la langue particulière de chacun (culturel, social, individuel, intime). C’est depuis cet endroit que j’accueille aujourd’hui les personnes qui viennent me consulter : sans chercher à les enfermer dans une définition, mais en tentant de comprendre avec elles la manière singulière dont elles éprouvent le monde.

L’Astrologie m’a permis de communiquer avec l’univers, avec son rythme et ses cycles. Elle me permet reconnaître la sagesse inhérente aux langages subtils : ces messages qui se présentent à nous quotidiennement sous des formes différentes, et qu’il est beau d’apprendre à décrypter pour entrer dans un dialogue poétique avec le monde.

Je ne crois pas véritablement au hasard. Il cesse d’exister dès lors que nous avons à cœur de donner du sens à ce que nous vivons. Les événements de l’existence peuvent devenir une éducation, des portes concrètes permettant d’accéder plus profondément à notre psyché. Ils peuvent nous aider à comprendre pourquoi nous avons besoin de certaines expériences pour avancer et à entrer plus étroitement en contact avec ce que nous sommes.

L’Astrologie ne nous soustrait pas aux événements de notre existence. Elle ne supprime ni l’incertitude ni la douleur. Elle peut cependant nous aider à comprendre ce qui cherche à se transformer en nous, à reconnaître les cycles que nous traversons et à retrouver une forme de liberté au cœur même de ce qui nous échappe.

J’ai soif de transcendance, de beauté et de sacré. J’ai besoin d’un lien avec Dieu, où qu’il soit et quelle que soit la forme sous laquelle il se manifeste. L’Astrologie est l’une des voies par lesquelles j’entretiens ce lien.

Ce sont toutes ces réflexions qui caractérisent aujourd’hui ma manière de consulter. Je considère le thème natal comme une carte symbolique et un langage vivant, capable de mettre des mots sur ce que nous ressentons parfois sans parvenir à le comprendre. Il ne dit pas à une personne qui elle doit être et n’annonce pas un destin auquel elle devrait se soumettre. Il permet plutôt d’éclairer ses contradictions, ses forces, ses blessures, ses héritages et les mouvements de transformation qui cherchent à prendre forme dans sa vie.

Une consultation est un espace de dialogue, d’écoute et d’exploration. Nous cherchons ensemble à traduire votre langue intérieure, à replacer ce que vous traversez dans le temps plus vaste des cycles et à ouvrir de nouveaux chemins de compréhension. Je ne cherche pas à prédire ce qui va vous arriver, mais à vous aider à mieux entendre ce qui se joue en vous et autour de vous, afin que vous puissiez avancer avec davantage de conscience, de confiance et de liberté.

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