STELLIUM BÉLIER - AVRIL 2026

Aujourd’hui, sept planètes sur les dix qui forment notre Zodiaque sont dans le premier signe, celui du Bélier. On ne sait pas quand c’est arrivé la dernière fois ; il y a des centaines, des milliers d’années peut-être. Autant de planètes dans le Bélier, c’est une effraction dans le réel. La venue de ce qui nous paraissait inenvisageable quelques instants auparavant.

Alors, pour lire ce post, je vous demande de penser le Bélier comme un commencement.

Le commencement est jeune et maladroit. Il nous permet de sortir de la maîtrise, de l’habitude, de la sédimentation que génère l’expérience. Commencer, c’est abandonner l’illusion que nous savons qui nous sommes, et réinventer l’identité. C’est ne pas tout à fait se reconnaître, ni reconnaître l’autre.

On peut ainsi aimer quelqu’un toute une vie, et, au détour d’un commencement, réaliser qu’il n’est plus le même, que nous ne sommes plus les mêmes, mais apprendre à nous aimer de nouveau. On peut peut-être vivre, à condition de ne pas avoir peur de perdre ce qui existait hier, un grand amour atemporel fait d’incertitudes et de commencements.

On peut aussi aimer notre Art à nouveau, alors qu’il avait fini par nous sembler répétitif. Écrire comme on n’a jamais écrit, jouer comme on n’a jamais joué.

Le commencement fait plier le temps. En effet, si nous sommes capables, plusieurs fois par vie, de repartir du début, alors les années ne comptent pas. Elles ne sont qu’un détail dans le temps social utilisé pour mesurer nos vies. Dans le commencement, nous avons tous les âges, et nous n’en avons aucun. Pour certains, le commencement est rupture ; pour d’autres, il est un glissement d’un état à un autre sur le fil continu de l’existence. Nous n’avons pas à trancher, il est peut-être les deux. Comme au piano, une main joue le fleuve, et l’autre fait contrepoint, fragmente ce qui nous paraissait régulier. Nous existons peut-être sur différentes lignes de temps. Et aujourd’hui, dans le Bélier, l’une d’elles s’autorise à vivre comme si le passé n’existait pas.

Je vous invite à penser aux commencements qui ont jalonné votre existence. À ces instants qui ont fracturé votre réel, permis un jaillissement, une compréhension autre de ce qu’est la vie.

C’est ce qu’offre aujourd’hui cet amas de planètes dans le Bélier.

Ce peut être subtil, infime, ou extraordinaire. Un deuil ou une joie, une perte ou un gain.

Mais c’est là, ça commence.

Bonne Nouvelle Lune.

Sarah Chouraqui