N E P T U N E E N B É L I E R - 26 janvier 2026

Neptune passe en bélier pour la première fois depuis 1861 et progressera dans le signe jusqu’en 2039.  C’est un cycle qui porte l’idéal et le potentiel infini d’un nouveau monde, et d’une nouvelle manière de nous tenir dans ce monde. L’heure n’est plus à l’intériorisation et à la gestation. Pour incarner la vision de ce temps, il nous faudra faire des choix et les incarner (le glyphe du bélier ♈︎ symbolise d’ailleurs cette croisée des chemins nécessaire à la canalisation de l’énergie). Après le transit de Neptune en Poissons et plusieurs années de « fin symbolique », d’apprentissage de l’invisible, de foi, de doute, et la dissolution progressive de conditionnements obsolètes tissés dans nos systèmes de croyances (qu’ils soient religieux, symboliques, domestiques, économiques, politiques, relationnels, discursifs), on nous demande aujourd’hui de commencer, ou de re-commencer. Il faut le courage de sacrifier le passé et d’oser un nouveau départ, aussi incertain soit-il.

Ce moment du siècle propose une profonde réflexion sur l’archétype du/de la guerrier.e. non comme figure de domination ou de combat, mais comme une force intérieure universelle, reliée au courage, à la responsabilité, et à la capacité de poser des actes justes. Être « un.e guerrier.e spirituel » ce n’est pas combattre le monde ou chercher le soumettre par sa volonté, c’est au contraire apprendre à maîtriser le soi et à orienter nos énergies créatives pour qu’elles ne se muent plus en violence, en compétition ou en destruction.

Le masculin (comme le féminin) est une force universelle qui vit en chacun de nous et que les sociétés briment plus ou moins en fonction du sexe et du genre auxquels les individus sont assignés, et de la nature de leurs désirs. Or quelle que soit la direction du désir, le masculin et le féminin ne s’opposent jamais, ils se co-produisent. Et la véritable jouissance, l’étreinte avec la vie, provient de notre capacité à incarner ces deux forces de manière égale.

Nos sociétés libérales et néo-libérales vivent une tension néfaste. L’avènement de l’individu comme force motrice détruit le lien, l’interdépendance nécessaire entre les différentes parties d’un Tout auquel nous appartenons. Nous sommes « je » au détriment du « nous ». Et cette liberté que nous luttons pour obtenir nous écrase, car elle mène à l’isolement et à l’affaiblissement de la solidarité et du tissu social. Or prendre soin des autres est une responsabilité politique et collective. Le.la guerrier.e doit être au service de l’humain.

Le bélier est un signe qui vit constamment dans « l’illusion de son indépendance », alors « qu’épaulé par les autres, il est capable de toutes les audaces » (Bigé).

Le temps que nous apprenions à maîtriser cette énergie, l’activité peut s’exprimer de manière inégale, comme si nous avions à comprendre le feu et discerner progressivement ce qu’il y a d’impulsif dans l’action, ce qui généré par l’urgence et la peur, et ce qui est la juste direction de l’âme. Nous trouverons une plus grande confiance en la vie que nous avons initié, en ce nouvel idéal, quand Neptune arrivera vers le milieu du signe (d’ici 6ans!).

Comme l’écrit Jacques Brel - moralement ambivalent, imparfait et bélier - « Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns ».

Sarah Chouraqui