PLEINE LUNE EN BALANCE - AVRIL 2026
Aujourd’hui le Soleil en Bélier oppose la Lune en Balance, elle-même maîtrisée par Vénus. Dans une ère Bélier aussi puissante que celle que nous traversons, où la nécessité d’advenir à soi et de faire advenir est centrale, la question des relations est également en jeu.
Le Bélier pense pouvoir repartir de zéro, tel un cavalier blanc galopant vers l’horizon, tout laisser derrière lui.
Il est le Prince de la table rase. Il s’offusque de s’être noyé, à l’ère poisson, dans un océan de sacrifices et de trop bons sentiments.
Mais c’est une partielle illusion que de penser pouvoir naître à partir de rien, coupé des liens qui ont participé à nous construire. Car pour que nos élans puissent trouver un ancrage dans la matière, nous avons tant besoin de l’amour des autres. D’un amour soit suffisamment juste, suffisamment bien placé pour qu’il nous laisser exister.
L’axe Bélier-Balance pose la question philosophique de la colère et d’un principe connexe : l’indignation.
La colère, explique Aristote, n’est pas seulement une passion de l’âme mais une passion de l’âme dans le corps (le Bélier, et Mars). C’est la manière dont nous réagissons à une offense (plus ou moins rapidement en fonction de notre temps de réponse, qui est facteur individuel).
Ma colère me fait reconnaître ma valeur à autrui ; elle est la restauration d’un ordre, ré-attestation de soi. Et cette indignation que nous ressentons après l’offense suppose une conscience de notre valeur individuelle (la Balance, et Vénus). Aristote remarque d’ailleurs que les caractères serviles ne s’indignent pas, non parce qu’ils sont plus calmes, mais parce qu’ils ne se sentent dignes de rien.
Alors pour nous libérer des servitudes que nous nous imposons - ou qui nous sont imposées - il y a à apprendre à s’aimer. C’est alors qu’apparaît la colère légitime et la protection de notre territoire (créatif, psychique, physique). On ne peut se défendre que lorsqu’on a appris à s’aimer ; on ne peut faire couple qu’en entrant dans la danse de l’amour et de l’indignation régulière.
En carré à Jupiter en Cancer, cette Pleine Lune pose la question du Un, du Deux, et des grandes émotions que le lien peut susciter. Le Cancer c’est notre part d’infantilisme, de dépendance, ce que nous sommes prêts à sacrifier pour continuer à être protégé et nourri. Mais que faire quand cette protection frise l’enfermement ? Quand elle nous coupe de certaines part de nous et du monde ?
Je vous encourage à galoper vers les paysages qui vous animent, et à revenir quand vous sentez le besoin de vous reposer auprès de l’Autre. Je vous encourage à vous sentir libre de tout mouvement, et à vous entourer de ceux capable de vous laisser partir sans avoir peur de vous perdre.